1870
Vie économique
Début de la baisse sensible des prix alimentaires et de la hausse du pouvoir d’achat. En 1870, on dénombre 3 millions d’ouvriers en France.
À la fin de l’Empire, la France paysanne, artisanale et rurale devient progressivement ouvrière, industrielle et urbaine (encore 54 % de ruraux en 1870). La production de blé et de pommes de terre augmente de 50 % par rapport à 1848... mais la pauvreté persiste.
Déclin des halles, des foires et du colportage lié au développement des moyens de transport et à l’essor des échanges intérieurs. Affirmation des professions commerciales, des grossistes et des commissionnaires.
Développement de la batteuse à vapeur.
A partir des années 1870, l’artisanat tend à reculer à cause de la concurrence de la fabrication industrielle ; on assiste également à l’essor du petit commerce (boutiques familiales) et au triomphe des grands magasins (Bon Marché, Docks, Samaritaine...).
Sous le Second Empire, le nombre de fonctionnaires a pratiquement doublé.
Le pays compte 28000 machines à vapeur dans ses 23000 établissements industriels. À partir de 1870, adoption progressive des machines à tisser dans l’industrie textile.
En 1870 mise au point de la technique de l’ensilage pour la conservation des fourrages verts.
L’usage du chèque se généralise à partir de 1870. Mise en service du chèque de 25 francs.
Société
À l’imitation de Paris et de l’haussmannisation, les grandes villes de province subissent des transformations importantes : percement de larges rues, construction de nouveaux immeubles (hôtels particuliers en pierres de taille etc. aux façades ornées), réalisation de nouveaux édifices (gares, halles et marchés, boulevards de ceinture...), mise en service d’équipements collectifs (arrivées d’eau, de gaz, égouts...), destruction des taudis et des quartiers insalubres, ouverture de jardins publics et de lieux de distractions (théâtres, grands cafés...), organisation de prestigieuses manifestations (expositions...), poursuite du développement démographique des petites communes situées dans la banlieue des grandes villes (cf. La Guillotière et Villeurbanne à Lyon, Chantenay à Nantes...)... désormais, la ségrégation sociale devient la règle de l’organisation de l’espace urbain: à l’est, les industries et les quartiers populaires du « petit peuple laborieux », à l’ouest, le monde des affaires et des beaux quartiers...
En 1870, une famille française compte en moyenne 2,7 enfants... mais à la fin du Second Empire, on compte encore près de 48 000 enfants mort-nés par an... et un bébé sur trois n’atteint pas sa cinquième année. Pour l’historien Robert Mandrou, « l’homme de 1870 est encore très proche de son ancêtre du XVIIe ou du XVIIIe, surtout s’il est campagnard ».
En 1870, le décret Crémieux accorde la nationalité française aux juifs d’Algérie.
Vie matérielle
Développement de la mode du « faux-cul » qui rejette en arrière l’ampleur de la jupe et prolifération d’ornements textiles sur le vêtement féminin (volants, drapés, galons, fronces, plissés...).
Vie militaire
Après 1870, les monuments aux morts apparaissent dans chaque commune.
Hygiène, santé, médecine
Malgré le recul et la disparition des disettes, la mortalité reste très importante à cause des guerres, du manque d’hygiène et des maladies : rougeole, scarlatine, typhoïde, diphtérie, grippe, coqueluche, oreillons, paludisme, variole (près de 200000 décès en France en 1870-1871), tuberculose (environ 10% des décès), choléra, maladies de carence et maladies vénériennes (cf. chaque année, le taux élevé de conscrits réformés). Charcot entame des recherches sur l’hystérie.
Pourtant à l’étude depuis 1861, l’antisepsie n’est pas utilisée pendant la guerre franco-prussienne : aussi la plupart des blessés opérés succomberont des suites de l’intervention (l’usage de l’antisepsie débute seulement vers 1874).
Après 1870, essor du culte de Sacré-Cœur (un Cœur surmonté d’une croix).
Pour Claude Langlois, en moyenne et selon les régions, seulement 52 % des catholiques français « font leurs Pâques », dont 30 % pour les hommes contre 70 % pour les femmes...
Transports et communications -q
En 1870, officialisation de la carte postale et multiplication des lignes télégraphiques.
En 1870, la longueur des lignes de chemin de fer en exploitation est de 17440 kilomètres (cf. 1879).
Editions Thisa
/image%2F7060309%2F20241222%2Fob_bf19ec_jacques-guiaud-et-jules-didier-depa.jpg)