1900, le banquet des maires de France
1900 – le banquet des maires de France
Pour célébrer le 108e anniversaire de l’institution du premier régime républicain - le 22 septembre 1792 - la IIIe République invite tous les maires de France à Paris pour un banquet qui se tient à la date anniversaire au jardin des Tuileries. Le 22 septembre 1900, à l’occasion de l’Exposition universelle, ornement Waldeck-Rousseau organise un gigantesque banquet de républicain où d’interminables tables accueillent 22 777 convives qui ont répondu à l’appel, venus de la grande majorité des villages de toute la France. Les maires villageois sont venus sceller la fusion de la République et des campagnes françaises.
« Il est 2 heures. Les invités et les curieux se dirigent vers la terrasse des Tuileries. La vue des maires réjouit singulièrement les passants. Les uns ont antiques redingotes, d’autres, des vestons de toute forme et de toutes couleurs ; certains mêmes, sont venus en simple blouse resplendissante dans leur neuf, ou en sarreaux frais émoulus. [...] La table d’honneur a été l’objet de soins particuliers. Elle est littéralement couverte de corbeilles de roses et se détache au fond avec un air vraiment réconfortant de joyeuse majesté. Elle comprend 41 couverts. Les convives sont placés dans l’ordre suivant : à droite du président de la République (Emile Loubet), viennent MM. Fallières, président du Sénat, Waldeck-Rousseau, président du Conseil, Rigault, doyen des maires de France. Le doyen des maires et le plus jeune, le maire de la plus petite commune et celui de la plus grande, sont assis à la table d’honneur. Ils ont l’air satisfaits.
Menu
Hors-d’œuvre
Darnes de saumons glacées parisienne
Filet de bœuf bellevue
Poulardes de Bresse rôties
Ballotines de faisans Saint-Hubert
Salade Potel
Glaces succès.
Condés Dessert
Vins Preignac, carafes Saint-Julien, carafes Haut-Sauterne Beaune-Margaux J. Calvet 1887, Champagne Montebello, Rhum St-James 1884.
À la sortie, légèrement éméchés, quelques maires de l’Aisne et du Cantal emportent les plaques indicatrices des tables. [...] » (Ouest-Éclair, 23 septembre 1900).
Dans son discours de clôture, le président Émile Loubet charge tous maires d’un message : « Quand vous serez rentrés dans vos communes, dites que nous restons fidèles à l’esprit de la Révolution, parce que notre patriotisme est égal à notre amour de la République, parce que nous voulons une France libre, forte et glorieuse, respectée au-dehors pour son génie, la puissance de ses armes, pour son amour de la paix. [...] Notre plus chère espérance est de voir tous les Français fraternellement unis dans un amour de la Patrie et de la République. »
Galvanisés, les convives s’égaillent dans l’Expo, terminent l’après-midi une réception dans les jardins de l’Élysée puis une soirée lyrique au palais de l’Électricité. Avant de regagner les campagnes de France, les maires se séparent joyeusement en entonnant Le Chant du départ.
Une logistique énorme
Les quantités de matériel nécessaires ont été très importantes pour l’image de l’événement :
10 kilomètres de draps polaires,
7 kilomètres de toisons,
7 kilomètres de terrain,
125 000 plaques,
55 000 fourchettes,
55 000 cuillères,
60 000 couteaux,
126 000 verres
Six vélos ont été mis à disposition pour une transmission rapide des commandes.
De même, une automobile (De Dion-Bouton de 4 CV) permettait de se déplacer entre les tables.
3000 personnes étaient employées dans la restauration et le service :
11 chefs « bigwigs »
220 chefs de fête ; 400 cuisiniers
2150 majordomes
50 préposés dans les vestiaires
De même, les approvisionnements pour le repas sont impressionnants :
2000 kg de saumon
1430 faisans
2500 poulets
1200 litres de mayonnaise
10 000 pêches
1000 kg de raisins
3000 litres de café
1500 Camembert
1400 Glace vanille
40 000 petits fours 100 000 petits pains.
2800 corbeilles de fruits.
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