Dans les années 1660 apparaît la chaise de poste, d’origine anglaise. Elle est composée d’une caisse étroite qui descend très bas entre les brancards. Elle est suspendue entre les essieux par des lanières de cuir et des ressorts. On monte dans la chaise par l’avant, où se trouve soit une portière, soit une pièce de cuir nommée soufflet. Elle est conçue pour le transport rapide du courrier, mais elle prend un petit nombre de passagers (un ou deux). La chaise est tirée par un cheval placé entre les brancards, et menée par un postillon monté sur un deuxième cheval, le porteur, attelé à côté.

Plus tard, la malle-poste assure un service mixte de courrier et de voyageurs (quatre à six, parfois jusqu’à huit passagers). Les voitures de poste ont pour avantage une plus grande rapidité mais pour inconvénient des tarifs plus élevés pour les voyageurs.

la diligence

Le coche de diligence, conçu pour être plus rapide, consacre le terme de diligence. Il va d’une ville à l’autre emportant bourgeois et marchands, lettres paquets avec une fréquence régulière, devenant jusqu’au XIXe siècle le principal moyen de transport collectif à travers le pays. Paris est à 5 jours de Lyon !

À son apogée, la grande diligence est divisée en trois compartiments : de l’avant vers l’arrière, le coupé (parfois le cabriolet), la berline ou l’intérieur et la rotonde. Les bagages sont placés au-dessus, sous une bâche. Les fumeurs ou ceux qui veulent être à l’extérieur

peuvent se placer sur l’impériale. L’attelage est conduit par un cocher, assisté par un postillon enfourchant le premier cheval de gauche (le timonier).

Le grand modèle peut accueillir jusqu’à seize personnes. Elle est tirée par sept chevaux, quatre placés par deux de chaque côté du timon et trois de front. Trois places sont proposées dans le coupé (les plus chères), à l’intérieur, moins cher, six passagers peuvent s’asseoir, la rotonde accueille deux personnes pour une somme modique. Sur les bancs de l’impériale, six à sept places sont offertes.

Progressivement, la diligence va être éclipsée sur les grands axes de circulation par le chemin de fer. Elle survit cependant sur des lignes secondaires.

Plus économique et rudimentaire, la patache est une diligence basse, sans suspension, qui peut accueillir une dizaine de voyageurs. Elle permet tout de même de rejoindre Paris à Strasbourg en cinq jours pour 100 francs seulement, repas, hébergement et pourboires compris.

la calèche

Plus léger et plus maniable, on trouve le carrosse coupé appelé calèche ou encore chaise roulante. Par temps de pluie, on peut déployer une petite capote à soufflet située à l’arrière pour se protéger. Les plus riches qui voyagent seuls dans leur propre équipage utilisent de préférence une barouche, légère et étroite calèche ouverte.

la turgotine

À la veille de la Révolution, le ministre Turgot fonde en 1775 une voiture maniable et rapide, de quatre à huit places tirées par six à huit chevaux, qui portera son nom : la turgotine. L’instauration de lignes fixes régulières entre les grandes villes constitue une révolution. Elles mettent plusieurs villes comme Amiens, Rouen, Orléans, Reims à un jour de voyage de Paris au lieu de deux.

le cabriolet et la Berline

Les plus riches utilisent leur propre voiture, berline ou cabriolet, quand ils ne vont pas simplement à cheval. Le cabriolet est une voiture légère, rapide, à deux roues, à deux ou trois places, à suspension et à un essieu tiré par un seul cheval. Il comportait presque toujours une capote amovible. Une de ses particularités était qu’il était conduit par l’un des passagers. Le cabriolet à quatre roues existe aussi. Plus stable, il possède un siège en bois à l’avant pour le cocher. Vers 1830, sous l’influence anglaise, on l’appelle cabriolet-milord, puis simplement milord. Un autre modèle est dénommé cabriolet-victoria, puis victoria, en l’honneur de la reine. Le siège du cocher est alors en fer, généralement amovible, pour conduire avec ou sans cocher.

À l’origine, la berline, dont le nom provient de la ville de Berlin où elle fut fabriquée pour la première fois vers 1660, pour le prince Frédéric Guillaume, électeur de Brandebourg, se distingue du carrosse par une suspension à soupentes en cuir, que ce dernier adopte plus tard. Voiture fermée à quatre places, elle est plus légère et plus sûre. Sa robustesse en fit au XVIIIe siècle le véhicule favori des voyages. Au XIXe siècle, la berline est la voiture de cour et de cérémonie par excellence.

le fiacre

Dans les villes apparaissent vers 1650, les premières voitures dites de place : les fiacres. Le nom a pour origine l’enseigne de l’hôtellerie « à Saint-Fiacre » à Paris, à l’angle de la rue Saint-Martin et de l’impasse Saint- Fiacre, devant laquelle stationnaient les premières voitures de louage. Les fiacres sont des carrosses en commun, que l’on peut héler dans la rue et prendre comme on prend aujourd’hui un taxi. Saint Fiacre est d’ailleurs considéré comme le patron des taxis.

Le fiacre est un véhicule hippomobile en général fermé à quatre places, quatre roues et suspension, conduit par un cocher et tiré par des chevaux, que l’on louait pour se rendre en un point précis de la ville. Le terme de fiacre correspond surtout plus à sa fonction qu’à un genre particulier : ainsi le fiacre d’hiver, fermé, est plutôt un coupé, tandis que celui d’été, ouvert, est plutôt le cabriolet-milord.

Sa fabrication en bois lui a valu l’appellation de « sapin ». Le terme de fiacre s’est étendu à tous les véhicules de louage hippomobiles et même automobiles dans les années 1900.

En 1696, les tarifs deviennent horaires : il en coûte vingt-cinq sous la première heure, vingt sous les suivantes.

Ce n’est qu’au début du XIXe siècle que les liaisons de Paris à l’extérieur deviennent plus régulières. Pour aller en banlieue parisienne, il faut se rendre aux barrières où stationnent les « voitures », qui partent quand elles sont pleines. On peut prendre le coucou, voiture légère à deux roues (que l’on surnomme aussi « pot de chambre »), qui propose six places, surtout utilisé par les petites gens ; le « cabas » ou le carrabas, tiré par huit chevaux et dans lequel on transporte vingt voyageurs, la « galiote » pour 15 voyageurs, la « gondole » pour 18 voyageurs.

À l’avènement de Louis-Philippe (1830), on dote la Poste de 25 berlines et de 400 « briskas » (calèches légères) élégantes et rapides, capables de faire quatre lieues à l’heure.

 

LES MOYENS DE TRANSPORT TERRESTRES - la chaise de poste , la diligence, le fiacre
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