LES MOYENS DE TRANSPORT TERRESTRES – les omnibus
Les omnibus
Les transports en commun à Paris commenceront au XVIIe siècle, sur une idée de Blaise Pascal, avec la création en 1662 de la « Compagnie des Carrosses à Cinq Sols ». Pour cinq sous, on peut emprunter ces carrosses collectifs à huit places qui suivent des trajets fixes. Une voiture passe toutes les huit minutes quelle que soit l’occupation des voitures. Le même service est proposé à Lyon, à Orléans et dans plusieurs villes du royaume. Les carrosses à cinq sols connaissent d’abord un grand succès. Mais quand le Parlement de Paris interdit l’accès des carrosses aux « soldats, pages, laquais et autres gens de bras », il prive le service d’une grande part de sa clientèle. Conséquence, l’engouement initial s’estompe, d’autant que le tarif passe de cinq à six sols. Ils disparaissent vers 1677.
Un siècle et demi plus tard, les transports en commun urbains réapparaissent avec la création en 1828 de « l’Entreprise des Omnibus ».Ces véhicules de transport public à traction hippomobile circulent à des horaires déterminés sur des lignes fixes. Ils n’ont par contre pas nécessairement des points d’arrêts fixes.
L’appellation « omnibus » provient de ce que les voitures de Baudry stationnaient à Nantes en face de la boutique d’un chapelier nommé OMNES qui, s’amusant avec la latinité de son nom, possédait une enseigne « OMNES OMNIBUS » (Omnes, pour tous). Les usagers des voitures en vinrent à dire qu’ils prenaient l’omnibus. C’est ainsi que ces voitures « pour tous » devinrent des omnibus.
Les omnibus de l’Entreprise générale des omnibus (EGO) sont tirés par trois chevaux. Ils comptent 14 places assises réparties en trois classes. La course coûte 25 centimes. Le succès est énorme : plus de deux millions et demi de passagers durant les six premiers mois. Ces « omnibus » seront bientôt concurrencés par d’autres compagnies : Dames-Blanches, Favorites, Carolines, Écossaises, Batignollaises, les Tricycles, les Diligentes, les Béarnaises, les Citadines. Les voitures circulent de sept heures du matin à sept heures du soir et transportent de douze à dix-huit passagers. En 1853, cette capacité augmente encore avec la création de voitures à impériales. En 1834 apparaissent les correspondances. L’histoire des transports dans les villes de province est semblable à celle de Paris, avec l’apparition des omnibus au Havre (1832), à Lyon (1837), Marseille (vers 1840), Bordeaux (1854), Toulouse (1863), etc.
La CGO, Compagnie Générale des Omnibus, constituée en 1855, par fusion de plusieurs compagnies de transports, met en service en 1878 de lourdes voitures de 40 places à trois chevaux, puis en 1889 un type de voiture moins lourd, offrant 30 places et tirée par deux chevaux. Chaque cheval de race Percheronne,fait en moyenne seize kilomètres par jour en quatre heures de service, la plus grande partie au trot. Vers la fin, ce sont plutôt des chevaux à robe foncée, comme les Ardennais, qui seront les plus utilisés.
le tramway
En 1856, une première tentative de ligne sur rail est lancée, assurée au moyen d’omnibus à roues plates. Il faut cependant attendre l’année 1858 pour assister à la véritable inauguration de la traction sur les voies ferrées. Avant la guerre de 1870, trois lignes de tramways ont été construites en France : la ligne du Louvre à Paris, une ligne reliant Rueil à Port-Marly (1855) et une autre entre Sèvres et Versailles (1857). En 1873, Paris est doté d’un réseau de tramways desservant la ville et la banlieue. Le tramway commence dès lors à se développer et à remplacer peu à peu l’omnibus, d’autant qu’il offre une capacité de place plus importante et qu’il est moins cher.
De 1874 à 1880, le tramway apparaît dans la plupart des grandes villes de France. En 1899, les tramways électriques se sont installés dans une quinzaine de villes françaises ; ils sont en construction, ou en projet, dans de nombreuses cités et un nouveau réseau voit le jour presque chaque mois.
De nouveaux réseaux (voies ferrées), de nouvelles énergies (vapeur, électricité) s’imposent peu à peu. À Paris cependant, les tramways à chevaux resteront longtemps les plus nombreux. De ce fait, la CGO prend un retard technique qui ne sera rattrapé qu’en 1914. Le chemin de fer, apparu en 1830, se répand rapidement. Sa vitesse et sa capacité de transport sont de précieux atouts.
À la fin du XIXe siècle apparaît un nouveau moyen de locomotion : l’automobile. Mais jusqu’en 1914, elle sera réservée à une élite de la population (aristocratie, bourgeoisie de ville,
profession ayant besoin de se déplacer).
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