LES MOYENS DE TRANSPORT TERRESTRES - A pied et à cheval
Pour la majorité, l’horizon se limite à la paroisse, d’autres cependant franchissent de grandes distances, parfois même jusqu’au-delà des frontières du royaume. On rencontre ainsi sur les routes aussi bien des individus se rendant aux fêtes, aux foires et aux marchés dans la ville voisine, des journaliers qui vont et viennent pour les travaux agricoles, que des pèlerins, des travailleurs saisonniers ou itinérants, des voyageurs, des soldats, etc. Mais comment toutes ces personnes se déplacent elles sur les routes ?
Premiers modes de transport : à pied
La marche à pied constitue pendant des siècles le premier mode de transport pour la majorité de la population…et le moins coûteux. Les plus enthousiastes font sept à huit lieues par jour. Les maçons et goujats creusois mettent ainsi dix jours pour atteindre Paris.
A cheval
Pour se déplacer à dos d’âne, de mule et surtout de cheval, il faut être plus riche. Ce dernier moyen est durant longtemps le moyen de transport le plus rapide, mais il coûte cher. Au XVe siècle, un cheval vaut entre quatre et neuf livres à l’achat, soit 80 à 180 sous (un maçon gagne environ trois sous par jour). Sous Louis XIV, son entretien coûte plus d’une livre par jour. Circuler à cheval est par conséquent un signe de distinction sociale.
Celui qui ne possède pas de cheval et qui a les moyens de le faire peut en louer un ; il devra alors débourser environ deux sous par jour. L’entretien quotidien équivaut aux dépenses d’une personne (nourriture et logis). Selon l’emploi, il existe de nombreux termes pour désigner différents chevaux. Au Moyen Âge, dans la noblesse, les femmes montent des haquenées, les hommes des palefrois. Pour la guerre, on privilégie le destrier, appelé ainsi parce que l’écuyer tenait la bride dans la main droite. Pour transporter les bagages, les fardeaux on emploie le sommier.
Le roussin (roncin), cheval de trait de peu de valeur, est utilisé comme monture par les vilains. Il y a une grande variété de chevaux : barbes, genêts d’Espagne, roussins de Hollande, « guilledins » d’Angleterre, qui sont les premiers pur-sang. À la fin du XVIIIe siècle, la différence s’accentue entre les races de chevaux de selle et de trait ; ces derniers progressent en taille, volume, poids et en puissance de traction. La demande des chevaux de trait augmente, notamment pour atteler les diligences. Sont notamment appréciés le boulonnais gris pommelé, sa robe se voyant bien la nuit, ou pour la même raison, le percheron « généralement gris clair, tacheté et truité.
Les distances à parcourir en ville étant longtemps faibles, la marche à pied ou le cheval furent privilégiés. Avec l’élargissement des cités, les transports urbains apparurent progressivement.
tarifs de la place :
Paris-Senlis .......... 25 sols
Rouen ................... 3 livres 15 sols
Dijon ..................... 12 livres
Clermont ............... 16 livres
Verdun .................. 12 livres 2 sols
À la fin du XVIIIe siècle : Le simple coche coûte 6 sols la lieue, le cabriolet 12 sols la lieue, la diligence 18 sols la lieue ou la turgotine, 20 sols la lieue.
Location de carrosses à deux chevaux : sept livres pour un voyage de trois lieues. A quatre chevaux : douze livres pour un voyage de neuf à dix lieues l’hiver et de treize à quatorze lieues l’été.
(La lieue de la poste = 3898 m)