LES MOYENS DE TRANSPORT TERRESTRES – le coche et le carrosse
Le coche
Pour aller de ville à ville, lorsqu’on ne dispose pas de son propre véhicule, on peut utiliser, depuis le XVIe siècle, les coches. Le terme provient du nom de la ville de Kotsi ou Kotschi en Hongrie. Il entre dans la langue française en 1545. De là découle le nom de son conducteur, le cocher, qui est resté pour tous les types de voitures hippomobiles, bien après la disparition du coche lui-même.
Le coche est un véhicule attelé hippomobile fermé qui sert au transport de personnes notamment sous forme de transport en commun. Il peut emmener six à huit passagers. Il est attelé suivant les régions ou les besoins, de deux à six chevaux de trait. À l’origine, c’est une caisse d’osier soutenue par une armature en bois. Il évolue vers une caisse en bois. Elle est dépourvue de portières sur les côtés.
Les passagers sont protégés des intempéries par un toit en dôme. Par la suite, la caisse est fermée par des peaux de vache, puis des panneaux de cuir. On dispose des banquettes en vis-à-vis le long des parois latérales. Le cocher est assis à l’avant de la voiture, sur un strapontin ou un banc surélevé. Pour freiner, le cocher plaque un coin contre une des roues avant à l’aide d’un levier qu’il commande du pied, puis une chaîne qui enraye le mouvement des roues. Ce mode
de freinage est loin d’être fiable. Selon les usages et les propriétaires, le coche peut recevoir des décorations et des aménagements d’une grande richesse.
En empruntant les routes royales, les mieux entretenues, on peut aller en deux jours du Mans à Nantes, en trois jours de Toulouse à Limoges, en quatre jours de Tours à Bordeaux, n cinq jours de Lyon à Marseille, en 15 ou 20 jours de Brest à Strasbourg, de Lille à Marseille.
Sous Richelieu, par la poste, on va en 3 jours par coche de Paris à Provins, en 8 jours de Paris à Dijon. À cheval ou en voiture, on met 5 jours de Paris à Toul.
Au XVIIIe siècle, par la Turgotine, on va en un jour de Paris à Rouen, Amiens, Reims ou Orléans ; en 3 jours de Paris à Besançon ; en 5 jours de Paris à Lyon.
Au XIXe siècle, entre 1815 et 1830, la durée des voyages par diligence est réduite de moitié, puis encore d’un tiers entre 1830 et 1848.
En 1814, on va en 5 jours de Paris à Besançon, Bordeaux (par Orléans), Lyon (par Moulins), Mayence, ou Strasbourg ; 4 jours de Paris à Nantes, Rennes, Sedan ou Liège ; 3 jours de Paris à Bruxelles, Lille ou Metz.
Vers 1831, on va en 72 heures de Paris à Bordeaux, en 110 heures de Paris à Toulouse.
En 1848, il faut 2 jours pour aller de Paris à Lyon, par la malle poste qui roule jour et nuit pendant 33 heures.
Avant le XIXe siècle, voyager autrement qu’à pied sur de longues distances peut être considéré comme un exploit tant les routes sont désastreuses. Au XVIIe siècle, seuls 15 000 kilomètres de routes sont bien entretenus. Elles rayonnent de Paris. Les routes secondaires et les chemins sont négligés et restent encore en très mauvais état.
Tout au long du XVIIIe siècle, la voirie s’améliore. Afin de préserver la qualité des routes, une limite maximale aux charges des véhicules est imposée dès 1802. Cependant, ce n’est que sous le Second Empire que le réseau routier s’améliore vraiment. Les hameaux de campagne et les villages de montagne sont désenclavés.
Mais voyager est fatigant et dangereux. À chaque croisé de chemins, des voleurs peuvent vous arrêter. À ces dangers s’ajoutent les aléas tels l’inconfort - fracas de fer, de vitres (quand elles existent), de grelots, de coup de fouet et de jurons, promiscuité, secousses -, l’embourbement, les accidents.
Sur les routes, péages et douanes intérieures arrêtent régulièrement les voyageurs. Ponts, bacs, routes traversant tel domaine, entrée et sortie d’une province, entrée ou traversée d’une ville : tout est bon pour récupérer de l’argent ou de la marchandise.
Avec l’essor des véhicules à moteur, le Préfet de police de Paris Louis Lépine réglementa en 1893 pour la première fois la circulation automobile dans la capitale. Il fallait obtenir une autorisation de circuler ainsi que qu’un « Certificat de capacité valable pour la conduite des véhicules » dans le département de la ville de Paris. En 1896, un certificat permettant l’utilisation du véhicule (certificat d’immatriculation) devient obligatoire. Pour l’obtenir, il faut être majeur (21 ans) et être… un homme. Pour plus de sécurité, en 1899, le certificat de capacité à conduire les véhicules à pétrole est instauré, il sera remplacé en 1922 par notre permis actuel. Pour obtenir ce certificat et avant la création des auto-écoles en 1917, les leçons sont données par les vendeurs de voitures, ou par le père du conducteur. À cette époque le candidat se rendait au volant de son véhicule à la préfecture. Il passait prendre l’examinateur, fonctionnaire détaché du corps des Mines, et allait faire un tour. L’examinateur observait sa conduite et l’interrogeait sur la connaissance et l’entretien du véhicule. Il n’y avait pas d’épreuve de code.
Faute de garages et stations-services, c’est à l’épicerie que l’automobiliste achetait le pétrole par bidons de 5 litres pour en remplir lui-même, avec arrosoir, son réservoir de soixante litres.
Au début du XVIIIe siècle, le coche représente tout type de véhicule fermé et suspendu. Il est utilisé aussi bien en ville que pour les longs trajets. Les coches de voyage sont relativement austères. Les coches publics proposent une quarantaine de trajets réguliers entre les grandes villes. Les plus fréquents relient Paris à Versailles et Saint-Germain-en-Laye. Chaque jour, une voiture relie Paris à Orléans ou à Rouen.Pour l’Auvergne, il existe une liaison par mois.
Le coche reste la voiture de transport de passagers en usage jusqu’au XIXe siècle, mais de nombreux types plus spécialisés se créent et évoluent.
le carrosse
Le coche se transforme progressivement en carrosse. Le terme provient du latin carruca, signifiant char. C’est vers 1574, que le mot « carrosse » apparaît dans la langue française. Il désigne aussi bien le véhicule utilisé par la noblesse fortunée pour ses déplacements ordinaires, que le véhicule d’apparat de la cour, richement décoré et ne sortant qu’en des occasions particulières. Seuls les plus riches possèdent un ou plusieurs carrosses.
Le carrosse est un véhicule hippomobile à quatre roues, couvert et suspendu avec de grosses courroies de cuir. Il possède des glaces ou des rideaux latéraux, dans la partie haute ainsi que des portières sur les côtés. Les roues de devant du carrosse sont plus petites que celles de derrière facilitant la manœuvre du véhicule. À l’intérieur, deux banquettes sont fixées en vis-à-vis, l’une à l’avant, l’autre à l’arrière, ainsi que des strapontins devant chaque portière. Le siège du cocher est fixé sur l’essieu avant. Un marchepied aide à la descente ou à la montée des voyageurs. Six chevaux composent un attelage complet, plus un dit « volontaire » qui est utilisé en cas de besoin pour un remplacement ; mais généralement on n’en utilise que deux.
Au XVIe siècle, l’usage des carrosses est presque exclusivement réservé au roi ou aux dames de la cour. À la fin du siècle, il n’y a encore que douze carrosses. Au XVIIe siècle, leur nombre augmente.
Vers 1660, on en compte 300. En 1722, il y en aura 14 000.
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