Tradition de Noël
Du latin natalis, Noël signifie nativité ou naissance. Fêter Noël, c’est commémorer la naissance de Jésus de Nazareth, dite la Nativité. A l’origine, seuls les chrétiens célébraient la venue sur terre du fils de Dieu. C’était un moment religieux très important pour la communauté familiale et la sociabilité villageoise. Aujourd’hui, si la fête se perpétue, son symbole s’est modifié. Pour certains, elle conserve son aspect religieux lié aux mystères de la foi. Pour d’autres, son sens est profane. C’est devenu une fête marquée par l’offrande de cadeaux transportés par un étrange personnage vêtu de rouge, nommé Père Noël. Comme si le Père Noël avait mangé le Petit Jésus ! Désormais, Noël est une fête universelle contemporaine teintée de coutumes anciennes. La célébration émerveille aussi bien les petits que les grands. C’est sans doute cela la magie des fêtes de Noël !
Aucun texte biblique ne confirme la date du 25 décembre comme étant celle de la Nativité. Devant le manque de précisions et les contradictions évangéliques, au cours du 4e siècle, l’Église choisit cette date pour glorifier la Nativité. La Papauté s’inspira probablement des réjouissances païennes du solstice d’hiver, qui avaient lieu du 17 au 25 décembre, en l’honneur du soleil. Les chrétiens associèrent donc la Nativité à une fête de la lumière.
Une fois la date fixée définitivement. Noël prit de l’importance au cours des siècles, avec la création de rituels religieux. Une période d’attente spirituelle. L’avent, fut instaurée à la fin du 6e siècle. Cette période correspond aux quatre semaines qui précèdent le 25 décembre. Jusqu’au 19e siècle, L’avent fut soumis à des règles précises, émises par l’Église. Il était par exemple déconseillé de se marier, sauf cas exceptionnel. L’abstinence était imposée : la ferveur des chrétiens devait essentiellement servir à préparer la fête et non à enfanter. Ces recommandations furent assez bien suivies, comme le prouvent les registres de naissances.
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Si le pacte charnel était interdit, les démonstrations de joie ne l’étaient pas.
Jusqu’au début du 20e siècle, pendant l’Avent, des veillées se déroulaient et réunissaient parents, voisins et amis. Ces réjouissances avaient lieu à la ville comme à la campagne. On y faisait ripaille et les participants récitaient des cantiques, appelés « les Noëls ». A Dijon, les jeunes gens parcouraient les rues en chantant. En Pro vence, les garçons donnaient des aubades aux filles. En Bretagne, filles et garçons s’amusaient en chantant des répliques et envisageaient parfois un futur commun. Les petits enfants frappaient aux portes pour quêter. Malheur à ceux qui leur refusaient une pièce ! On honorait des saints particuliers, tel saint Nicolas en Alsace, fêté le 6 décembre. L’avent était donc un moment très important de convivialité et de sociabilité heureuse. Ce temps liturgique se terminait le 25 décembre, jour d’allégresse marqué par des offices religieux spécifiques.
Une fois que la date de la Nativité fut imposée. Rome instaura d'abord un unique office religieux, dans la nuit du 24 au 25 décembre. Cette messe nocturne rappelait la venue de la lumière divine, en la personne de Jésus, né selon la tradition à minuit. On la nomma « la messe de Minuit ». Au 7e siècle, à Rome, le pape prit cependant l’habitude de dire trois messes dans trois églises, engendrant une nouvelle tradition. Les fidèles assistaient à la messe de Minuit (ou « messe des Anges ») et communiaient. Ils se rendaient ensuite à la « messe de l’Aurore » ou « des Bergers », aux premières lueurs du jour. Ils terminaient par la « messe du Jour » ou « du Verbe Divin », en fin de matinée. Cette triple liturgie fut adoptée par toute la chrétienté et reprise au 16e siècle par les réformés.
Jusqu’au 13e siècle, ces offices étaient les seules démonstrations impor tantes. Noël était surtout une fête de joie intérieure, provoquée par l’idée du salut offert par Jésus. Sa naissance annonçait la rédemption des péchés. Les chrétiens ne réveillonnaient pas encore autour d’un repas gargantuesque et ne décoraient pas leur intérieur. C'est peu à peu que les religieux décidèrent d'orner, d'embellir et d'illuminer les églises. Les laïcs firent de même dans les maisons et sur les places des cités, pour le plus grand bonheur de tous. Noël brilla alors de mille feux.
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