Si les voyages des « maçons de la Creuse » peuvent s’imaginer, il en va différemment de leur organisation au fil des siècles. Aujourd’hui, dès qu’on aborde la thématique de la migration, on évoque immédiatement les mots réseaux, filières, passeurs, recruteurs… Or, dans l’histoire des « maçons de la Creuse », telle que connue à ce jour, rien de tel. Au contraire même, dans un même village, à la même époque on peut trouver des maçons prenant des directions très différentes. Un même maçon peut travailler en un même lieu et pour une même entreprise pendant plusieurs années (Ex : Sylvain Baudy, 1817-1854, maçon, migre de 1848 à 1853 il part en mars de Sardent pour Saint-Didier-au-Mont-d’Or (69) où il travaille toujours dans l’entreprise Solignat). Certains changent de destination quasiment tous les ans. (Ex : François Boulot, né en 1872 à Saint-Pardoux-d’Arnet, cimentier, migre en 1895 à Saint-Etienne (42), en 1900 à Bordeaux (33), en 1901 à Béziers (31) et Marseille (13), en 1902 à Saint-Chamond (42) et en 1903 à Lyon (69). Certains se constituent en équipe dès le départ, d’autres trouvent du travail dans des entreprises locales, d’autres partent sans travail et confient leur sort Place de Grève à Paris. Plusieurs livrets ouvriers sont annexés à certaines fiches de l’annuaire numérique de l’Association. Par exemple, un livret daté de 1870 dans la fiche Bondieu Jean (1854-1949), maçon-migrant dans la Saône-et-Loire, la Haute-Marne et la Côte-d'Or. Les relevés de la Société Généalogique Lyon-Beaujolais donnent un aperçu de cette petite délinquance. Saisir « Saint-Paul » ou « Saint-Joseph », deux prisons lyonnaises, ou « prison », dans la rubrique mot-clé du moteur de recherche de l’annuaire pour découvrir certaines condamnations.

Les maçons de la Creuse : organisation des voyages
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