Les maçons de la Creuse - histoire
Le département de la Creuse, au XIXème siècle, est caractérisé par une population nombreuse, des terres peu fertiles et des propriétés très morcelées. Les hommes doivent alors se mettre en quête de revenus complémentaires. Ils deviennent paysans bâtisseurs, et partant du printemps à Noël, pratiquent une émigration temporaire dite d’été.
Leur spécialisation est attestée à partir du XVème siècle dans les métiers du bâtiment mais leur renommée est avérée dans les palais royaux dès le XVIIe siècle et le « limosin ou limousin », ouvrier spécialisé « venant de la province du même nom » apparaît dans les dictionnaires dès 1690.
Des générations de Marchois : les Villedo, Bergeron, Delarbre, Tarrade et Mandonnet pour les plus célèbres, deviennent entrepreneurs, experts ou maîtres des œuvres de maçonnerie des bâtiments du roi et construisent pour leurs souverains, les nobles et le clergé, des palais, châteaux, hôtels particuliers, fortifications, canaux, cathédrales et églises à Versailles, au Louvre, aux Tuileries, à Vaux-le-Vicomte, immeubles « art nouveau » de Nancy, etc.
Le milieu du XIXe siècle connait l’apogée de la migration temporaire. Chaque année, du printemps à Noël, 50 000 Limousins – dont 35 000 Creusois – soit deux hommes sur trois en âge de travailler, quittent leurs villages natals neuf mois sur douze pour rejoindre leurs chantiers. Le siècle avançant, les moyens de communication aidant – principalement la pénétration du chemin de fer au cœur des campagnes – les départs en famille s’accroissent pour concerner la quasi-totalité des migrants au début du XXe siècle. Paris, Lyon et leurs banlieues restent les destinations principales mais des familles s’installent et font souche également jusqu’au plus profond des campagnes de provinces.
Les grands chantiers d’urbanisme commencent à Paris sous la Monarchie de Juillet, de 1830 à 1848, mais c’est sous le Second Empire et sous l’impulsion du baron Haussmann, que la capitale prend sa physionomie actuelle.
A Lyon, dans la première moitié du XIXe siècle, les travaux restent limités à la Presqu’île mais c’est le Second-Empire, comme à Paris, qui voit l’haussmannisation de la Presqu’île et l’intégration des faubourgs.
Maçon édifiant une digue d’une longueur de 1 500 m avec chaussée, barrant le chenal d’entrée au port de La Rochelle et censée interdire l’accès aux Anglais. Pour l’occasion, Richelieu sur ordre de Louis XIII, fit appel en 1626 aux maçons Limousins dont la renommée était déjà avérée.
En jaune, les territoires des départements limitrophes à la Creuse
touchés par la migration des ouvriers du bâtiment.
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