Pendant longtemps, hommes et bêtes se sont satisfaits de l'eau courante, eau de rivière et eau de source, ou de l'eau de surface. Recourant aux eaux souterraines, ils ont pu améliorer cette quête de l'élément liquide indispensable par le creusement d'un puits, puits communal, communautaire ou familial, sur lequel les béquilles solidaires du mécanisme enrouleur de chaîne. Là où aucune mare ne stagne, où ne passe aucun ruisseau, un abreuvoir rempli au seau jouxte le puits souvent sollicité pour le bien-être du bétail.

A partir de décembre 1789 un décret de l'assemblée nationale, fait table rase de toutes les anciennes structures administratives, organise les municipalités, chargées désormais de régir les biens et revenus de la communauté, d’en acquitter les dépenses, de diriger et de faire exécuter les travaux publics qui sont à la charge de la commune, d'administrer et d'entretenir de ses deniers les établissements com m u n a u x...

Les travaux le plus souvent entrepris en ce début du XIX  siècle consistent en la construction de fontaines, abreuvoirs et lavoirs. Il faut dire que les puits utilisés jusqu’à présent ne donnent plus totalement satisfaction tant en quantité d’eau qu’en qualité.

Il s’agit pour les municipalités d'assurer en toute saison un approvisionnement abondant et régulier d'une eau de qualité en même temps que de fournir un certain confort aux habitants.

Un autre avantage est celui de pouvoir lutter contre l'incendie grâce  à une réserve d'eau suffisante que peuvent fournir plusieurs abreuvoirs ou un égayoir.

Si les municipalités consacrent des sommes importantes à la distribution de l’eau, ce ne sont pas les parties visibles (fontaines et lavoirs qui coutent le plus. La majeure partie de l’argent est investie dans les travaux de terrassement dans les conduites d’amenée d’eau dont les premières fabrications n’avaient ni la longévité ni la résistance de la fonte de plus en plus utilisée au fur et à mesure que l’on avance dans le temps. Les conduites en bois sont fréquentes ; elles sont faites de  « tuyaux » de chêne de deux mètres  de long, forés et assemblés au moyen  de  manchons  en  fer.  Milly-sur-Bradon en Meuse,  en  1813,  remplace  une  partie  de sa conduite dont « les corps de bois forés sont pourris et perdent leurs eaux » par d’autres corps en cœur de chêne vert ; en 1831, il faut réparer une autre partie de la conduite et l’on utilise cette fois des tuyaux en “fer fondu”.

Les   conduites   en   pierre   ne   valent   guère   mieux :   enterrées   souvent   peu profondément, elles  subissent  des  contraintes  aux  lieux  de  passage,  ou  bien  les racines   des   plantes   finissent   par   y   pénétrer,   disloquant   les   éléments   de   la conduite  qui  perd  son  eau  ou  qui  donne  un  liquide  trouble,  terreux.  En l’an VIII,  Chaillon  remplace  126  m  de  conduite  en  moellons  par  des  «  chanlattes  à auges en  bois  de chêne », et, en 1876, le bois fait place à la fonte. Buxerulles passe directement de la pierre à la fonte en 1844. Ce nouveau matériau est cher et pèse sur les finances communales ; pour cette raison, les villages aux revenus modestes procèdent  par  étapes  successives,  mais  il  faut  toujours  creuser  pour découvrir  la  conduite,  la  remplacer,  combler  la  tranchée...,  toutes  choses  qui  se paient.

L’égayoir (ou gayoir) est un vaste bassin dont le sol, entièrement pavé, est établi en pente douce de manière que la profondeur atteigne un mètre environ. Il est bordé d’un mur de pierres sur trois côtés, l’accès se faisant par le quatrième.

Ce bassin sert à laver les chevaux lorsqu’ils reviennent des champs, à abreuver le bétail l’été lorsque les eaux sont basses, et aussi de réserve incendie.

 

 

Fontaines et lavoirs
Retour à l'accueil